Réponse d’Alberto Olympio à ma lettre ouverte : Un véritable discours politicien huilé de flatterie !

Alberto Olympio  lors de son investiture comme candidat de son parti à Lomé

Alberto Olympio lors de son investiture comme candidat de son parti à Lomé

Il y a quelque jours, je publiais sur ce même blog une lettre ouverte que j’ai adressée à M. Alberto Olympio, PDG du groupe Axxend, président du « Parti des Togolais » et candidat à la présidentielle de 2015 au Togo. Sa réponse ne s’est pas fait attendre. Il m’a adressé sa lettre de réponse dans les 24 heures qui ont suivi ma publication. Une réponse que j’ai rendue publique sur ce même blog. Dans sa correspondance, M. Alberto Olympio tente de lever l’équivoque des questions évoquées dans ma lettre. D’un discours politicien lubrifié de flatterie et d’interaction virtuelle d’une équipe de communication bien douée, mes attentes sont très peu comblées.

Lavage de cerveau et tambouille politicienne, je refuse !

imagesJ’invite vivement M. Alberto Olympio à concilier son discours de changement aux réalités sur le terrain. Qu’il part en guerre contre la faim, le chômage, la mortalité infantile et maternelle au Togo, le pouvoir viendra ensuite ! Le peuple togolais le plébiscitera s’il constate qu’il est vraiment l’homme de la situation qui peut décanter la crise. Il faut commencer au bas de l’escalier, grimper graduellement que de vouloir prendre l’ascenseur et aller en besogne. Je ne suis pas en train de faire un cours de politique à M. Alberto et les siens, je n’en suis même pas à la hauteur de ses souliers, mais juste un point de vue. Convenez avec moi que le « rêve » de Martin Luther King aux USA ne s’est pas réalisé en un an.

Je vous invite à revenir au Togo, à investir au Togo, embaucher tous les jeunes chômeurs qui rodent autour de vous, qui croit en votre vision et chantent votre gloire à longueur de journée. Je veux vous voir sur d’autres champs qui relèvent de votre domaine et capacité d’investissement, je veux vous voir investir dans les secteurs porteurs de notre pays et désenclaver les zones rurales. Votre grand projet d’« offrir au grand public africain une connexion gratuite à l’internet »  sera le bienvenu au Togo et là je pourrai enfin « accorder » un crédit à vos propos et  votre vison de changer le Togo une fois à la présidence.

« Émigré aux États-Unis avec juste une poignée de dollars en poche, ce n’est pas pour répondre aux petites annonces du Washington Post, mais “pour envoyer un CV à Bill Gates” himself ! Inutile, en effet, de jouer les modestes lorsqu’on peut s’appuyer sur un CV “haute définition” comme celui d’Alberto, petit-neveu de Sylvanus Olympio, premier président du Togo. Alors, lorsque cet entrepreneur né revient pour de bon sur le continent, au début de l’année 2010, c’est forcément pour devenir, à terme, “le leader des technologies de l’information et de la communication en Afrique”. Et il pourrait bien être en passe de réussir son défi ».

Quel Homme ! Quelle audace ! Tels furent mes premières impressions en lisant cet extrait d’article écrit sur vous dans les pages de Jeunes Afrique Économie. Ces phrases de Jeunes Afrique viennent galvaniser certaines de mes impressions sur vous et votre audace à transformer le Togo.

Je veux bien croire en vous et votre vision, mais je pense qu’on peut commencer par l’entrepreneuriat des jeunes, les élections locales, législatives, sénatoriales et la présidentielle après, M. Olympio. Gamesu ! Vous me direz, mais on risque de ne jamais arriver à bon port si la vision qu’on partage s’arrête juste à nos pieds et autour de notre environnement restreint. Les Togolais du Togo profond ont besoin de vous connaitre et partager vos visions, M. Alberto. Pas dans les lignes de  votre récent livre « Je prends le parti des Togolais », mais dans les actes !

M. Olympio, les politiciens de circonstance ne font que retarder la lutte togolaise, ne soyez pas comme eux ! 

Alberto Olyme lors d'une visite des populations à Lomé crédit photo @partidestogolais

Alberto Olyme lors d’une visite des populations à Lomé crédit photo @partidestogolais

M. Alberto, conquérir le pouvoir et ensuite instaurer la démocratie, tels est souvent le leitmotiv de tous les opposants togolais. Même si dans votre réponse à ma lettre vous tentez de me convaincre sur ce point. Notez que les dernières décennies de la lutte de l’opposition, le Togo a connu l’éclosion et l’apparition de plusieurs jeunes politiciens. Ils apparaissent généralement à un an ou quelques mois avant les échéances électorales comme dans votre cas. La plupart sont de jeunes entrepreneurs comme vous, des professeurs d’université, d’éminents juristes, d’autres des vétérans qui luttent jusque-là dans l’ombre, d’autres parmi eux sont animés par l’égoïsme, le leadership démesuré et/ou généralement exclu de leurs entités politiques pour diverses raisons. Ils sont pour la plupart, ceux qui viennent troubler l’eau à la veille des élections et divisé l’électorat de l’opposition au profit du parti au pouvoir. Ceci étant, le parti au pouvoir y gagne toujours et se frotte les mains au lendemain de chaque élection.

Des années 90 à ce jour, la regrettable impression que l’on a de ces arrivistes politiques est qu’ils sont les « complices » de l’immobilisme avec le pouvoir togolais. Le parti au pouvoir, convaincu de tout ce qui retarde l’avènement d’une démocratie pleine et entière au Togo ne s’empresse pas à aller vers une vraie lutte contre l’opposition. Pour le pouvoir en place, ses pions et taupes de l’opposition l’aiderons toujours à diviser l’opposition et à semer l’agitation et là, bienvenue les dégâts ! Aujourd’hui, la jeunesse togolaise, puisse qu’elle constitue la frange de la plus importante et la plus active de la population, elle  a besoin d’emploi, de formation civique et professionnelle, de vous et votre expérience M. Alberto.

Opposition togolaise Crédit (photo-montage) www.togo-online.co.uk

Opposition togolaise Crédit (photo-montage) www.togo-online.co.uk

M. Olympio, je vous rappelle encore que 2015 c’est demain, et les togolais ont grand rendez-vous avec l’histoire. Je vous invite encore une seconde fois à repenser votre engagement politique surtout celle de la présidentielle de 2015. Si vous avez un projet pour votre pays ou si vous sentez un destin national, vous n’avez pas besoin de commencer par la magistrature suprême. Si cela vous tient toujours à cœur, je dis bien s’il vous tient à cœur et vous obsède et que vous ne voulez pas décourager ceux qui croient déjà en vous pour 2015, rejoignez les autres. Aujourd’hui tout le monde préconise une idée d’unicité de candidature de l’opposition pour la présidentielle et les prochaines élections législatives et locales, et si vous converger vos forces M. Alberto ?

Vos poignées de main et photos de famille avec les « mini-diplomates » occidentaux vous flattent! 

Alberto Olympio lors d'une offensive diplomatique en Europe

Alberto Olympio lors d’une offensive diplomatique en Europe

Notez bien que le mur d’en face est très résistant et gigantesque, c’est à plusieurs que vous pouvez le renverser.Vous le savez très bien mieux que moi. Ni Gerry Taama, ni Jean Pierre Fabre ni les centaines d’opposants togolais ne me diront pas le contraire. Peut-être, votre succès à la tête de votre société d’informatique « Axxend Corp », la préface commandée du cerveau du PS au service de l’ancien Président français, François Mitterrand, Jacques ATTALI et vos quelques poignées de main avec les « mini-diplomates » occidentaux vous flattent et vous donne une très mauvaise impression sur la situation réelle de la politique togolaise. Sortez de vos illusions et regardez la vérité en face! Il s’agit de la destinée de plus de sept millions de Togolais, M. Olympio.

Pour note d’histoire, notez que pour l’élection présidentielle de juin 2003, Me Yaovi Agboyibo (CAR-opposition) avait réalisé un score de 5,1 %, Léopold Gnininvi (CDPA-Opposition) a obtenu 0,0 %. Même son de cloche en 2010 où Me Yaovi Agboyibo a tenté une fois encore sa chance et s’en est sorti avec 2,96 % des voix. Bassabi Kagbara (PDP-opposition), un nouveau venu à l’affront s’est contenté de 0,41 %. Madame B. Adjamagbo-Johnson (CDPA-opposition) obtient 0,66 % des voix, Jean Pierre Fabre sous la bannière du FRAC s’empare de 33,94 %. Regardez ces chiffres, cela devrait vous interpeller !

On dit souvent chez nous qu’« une brindille de balai ne peut pas tuer une mouche, il en faut un assemblage de brindilles », bref un gros balai. Ceci n’est que l’humble avis d’un  jeune concitoyen qui partage les mêmes visons que vous : celle de transformer le Togo, de changer le quotidien de ses populations. Je sais que vous avez de grands rêves pour ce pays et ses enfants. Mais M. Alberto 2015 c’est dans 3 mois. Et je n’y crois pas ! à moins que vos ambitions soient ailleurs loin des urnes.