Archives mensuelles : novembre, 2014

Exclusivité : Un blessé Burkinabè témoigne avoir reçu les balles de l’armée togolaise

Des militaires des Forces armées togolaises lors du défilé du 27 avril 2014 à Lomé

Des militaires des Forces armées togolaises lors du défilé du 27 avril 2014 à Lomé

L’information ne fait pas encore la une de la presse internationale, mais mérite une attention particulière. Dans une vidéo de 27 secondes mise en ligne il ya 24 heures, un blessé par balle lors des récentes manifestations au Burkina-Faso accuse publiquement l’armé togolaise d’avoir tiré une balle sur lui. La victime Karim Boua actuellement hospitalisée à l’hôpital national « Blaise  Compaoré », a déclaré le 04 novembre 2014 lors d’une visite des autorités actuelles du pays, que les militaires togolais lui ont tiré dessus.

Une déclaration qui rame à contre-courant avec les démentis des autorités togolaises. Ces derniers par la voix du colonel Komlan Adjitowou de l’État major des Forces armées togolaises, avaient démenti formellement vendredi dernier « la présence de militaires togolais au Burkina Faso ». Pour l’heure, les rumeurs relayées par la presse locale et les réseaux sociaux continus de semer le flou au sein de l’opinion. En attendant que cette affaire soit élucidée avec des preuves formelles, souffrez de suivre la déclaration de la supposée victime sur ce lien 

 

 



Blaise Compaoré à la poubelle de l’histoire : la France, le grand complice de la situation

Blaise Campaoré à Washington en août 2014. - © AFP

Blaise Campaoré à Washington en août 2014. – © AFP

Qui tue par l’épée périt par l’épée, a-t-on coutume de dire. Blaise Compaoré semble oublier cet adage. S’il avait seulement le courage de faire la rétrospective de sa vie, il se rendrait compte que ce qui lui arrive aujourd’hui n’est que la conséquence logique des actes posés dans le passé.

Entré dans l’histoire par la petite porte il y a 27 ans, en assassinant son ami et frère d’armes Thomas Sankara, pour s’emparer du pouvoir, il refait sa sortie par la même petite porte, mais dans l’impunité totale des crimes crapuleux perpétrés avec la complicité des pays voisins. Conséquence : une gouvernance despotique instaurée dans « le pays des hommes intègres » depuis trois décennies.

Messieurs les Présidents, vous êtes assis sur des braises

Quelques chefs d'Etat africains

Quelques chefs d’Etat africains

Cette chute dramatique et humiliante de Blaise Compaoré et sa clique à la poubelle de l’histoire doit réveiller une fois encore les consciences mortes des chefs d’État africains, apprentis dictateurs, despotes et petits sorciers des Constitutions. Cette révolution burkinabè, qui n’a duré qu’une courte période avec l’hostilité du mouvement patriotique, majoritaire du Faso, face aux manœuvres grossières de l’armée, a jeté Blaise Compaoré dans une poubelle de l’histoire qui ne dit pas son nom. Ceci laisse penser que les autres chefs d’État africains ayant les mêmes ambitions à tripatouiller la Constitution de leur peuple sont assis sur des braises et ne manque désormais qu’une petite étincelle pour que tout s’explose.

Au nom de la France-Afrique, les martyrs du 30 octobre passeront sous silence

François Hollande et son homologue burkinabè Blaise Compaoré, en décembre 2013, à Paris. - © Alain Jocard - AFP

François Hollande et son homologue burkinabè Blaise Compaoré, en décembre 2013, à Paris. – © Alain Jocard – AFP

Les derniers événements permettent de vérifier un axiome qui traduit la perception que se fait l’opinion africaine de la politique africaine de l’Hexagone depuis l’arrivée de François Hollande aux affaires : quoi qu’elle fasse, en raison d’un passé lourd à porter, la France est d’emblée soupçonnée. Si pour l’instant aucun élément probant ne certifie que Paris a « trempé » dans la révolution au Burkina Faso, son long soutien à la mise en place de la configuration confligène actuelle, le silence complice de Paris face à la situation de succession et l’anarchie institutionnelle actuelle et la lettre de François Hollande à son homologue Compaoré laissent quelques lignes floues avec des zones d’ombre et plusieurs interrogations sur les réels soutiens et implications de la France dans cette affaire. (suite…)